Salernes – 9 Mai : Controverses nucléaires – Le sacrifice

 

Ciné 83 et Cobionat présentent :

VENDREDI C’EST ÉCOLOGIE

vendredi 9 mai

“Controverses nucléaires – Le sacrifice” de Wladimir Tchertkoff

19 h : avec le réalisateur Wladimir Tchertkoff, auteur de l’essai “Le crime de Tchernobyl” (Actes Sud, 2006)
suivi d’un repas bio puis projection des deux films à 21h30

CINÉMA LA TOMETTE, à Salernes, 83690.

Et en prime !

Vendredi c’est écologie, le Réseau Sortir du Nucléaire et Mdlc/Le Garage présentent :

samedi 10 mai :

16h, rencontre débat avec Wladimir Tchertkoff et Bernard Blanc, du CA du Réseau, à la médiathèque de Draguignan (83), renseignements : 04 94 68 92 87

19h : vernissage de l’exposition du Réseau Sortir du Nucléaire / Zaslon Tchernobylia, “Les liquidateurs”, en présence de Wladimir Tchertkoff, Galerie Le Garage, 2 place Auriol, 83510 Lorgues, renseignements: <mdlc-lef@wanadoo.fr> 04 94 73 99 72

 

Wladimir Tchertkoff, longtemps journaliste pour la Rai puis pour la télévision de la Suisse italienne de Lugano, a réalisé cinq documentaires sur les territoires contaminés par la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Il est également secrétaire de l’association Les Enfants de Tchernobyl Belarus.

Le crime de Tchernobyl

Les auteurs de ce livre sont les victimes de la catastrophe de Tchernobyl survenue le 26 avril 1986, dont l’auteur a enregistré les voix dans leurs villages du nord de l’Ukraine et dans les forêts du sud de la Biélorussie. Des millions de paysans pauvres qui mangent quotidiennement du césium 137 avec leurs aliments. Ce sont aussi ces jeunes mères contaminées qui deviennent sans le savoir source de poison pour les nouvelles vies qui se forment en elles. Ce sont ces enfants condamnés qui, s’ils naissent apparemment sains, grandissent mal, car ils se nourrissent de radionucléides matin, midi et soir… Ce sont les “liquidateurs”, sauveurs ignorés de l’Europe, envoyés au sacrifice pour éteindre l’incendie de la centrale, qui souffrent de toutes les maladies inconnues de l’atome. Des centaines de milliers sont invalides, des dizaines de milliers sont morts jeunes ou continuent de mourir dans des souffrances inimaginables… Et ce sont enfin les médecins et les physiciens, trop peu nombreux à ne pas se soumettre au lobby nucléaire.

Le livre rend compte également du combat de deux scientifiques biélorusses qui ont mis en jeu leur carrière, leur santé et leur sécurité personnelle pour venir en aide aux populations contaminées. Dissidents malgré eux, à cause de l’interdit imposé par I’AIEA à la reconnaissance des effets des faibles doses des radiations ionisantes sur la santé, le physicien Vassili Nesterenko et le médecin et anatomo-pathologiste Youri Bandajevsky sont persécutés, avec la complicité tacite d’organisations françaises et allemandes, pour s’être opposés au dogme officiel.

Malgré l’ampleur du désastre prophétique qui faillit rendre l’Europe inhabitable, l’atome, à la faveur de la crise de l’énergie, revient sur le devant de la scène. On envisage tranquillement de quadrupler le nombre des 450 réacteurs existant de par le monde. Les Etats-Unis, l’Europe, vont s’y mettre, la France n’est pas en reste, avec I’EPR de Flamanville prévu pour 2011-2012, tandis que la Russie a le projet d’une centrale nucléaire flottante ancrée au pôle Nord…

Rien moins que des bombes lancées dans le futur, rien moins que l’Apocalypse annoncée !

Controverses nucléaires

Ce film révèle qu’au coeur de la civilisation occidentale, riche et technologiquement avancée, un crime scientifique programmé se perpétue depuis 20 ans sous de hautes responsabilités, dans l’indifférence générale et la désinformation. Un accord signé par l’OMS et l’AIEA, promotrice de l’industrie nucléaire, condamne sciemment des millions de cobayes humains à expérimenter dans leur corps des pathologies nouvelles dans le vaste laboratoire à ciel ouvert des territoires contaminés par Tchernobyl.

Film de 51 mn, en version française.

Le Sacrifice

Le réalisateur a suivi, pendant 15 ans, cinq liquidateurs de Tcherbobyl. En plus d’images prises juste après la catastrophe, il présente ici les témoignages de ces hommes qui se sont sacrifiés afin d’éviter une plus grande catastrophe encore. Un documentaire bouleversant.

Dans la nuit du 26 avril 1986 et dans les mois qui suivirent, un million d’hommes, appelés liquidateurs, ont été lancés contre le réacteur de Tchernobyl en feu opur éteindre l’incendie, recouvrir les ruines de la centrale explosée par un sarcophage, improvisé en conditions de radioactivité terrifiante, et pour effacer les conséquences de la catastrophe partout: à la centrale, dans les villages, sur les routes, dans les champs. Ils ont combattu les radionucléides à mains nues, avec des pelles et des jets d’eau.

Des dizaines de milliers sont morts et continuent de mourir.

Les scientifiques soviétiques calculaient que, si l’incendie de Tchernobyl n’était pas éteint pour le 8 mai, le combustible nucléaire en fusion aurait percé la dalle de béton sous-jacente, serait précipité dans le bassin de refroidissement et aurait amorcé une explosion atomique vingt à cinquante fois supérieure à celle d’Hiroshima.

L’Europe aurait été inhabitable.

Le 6 mai l’incendie était maîtrisé grâce au sacrifice extrême des liquidateurs. Mais ils ont été mal récompensés: le Russie, l’Ukraine et la Biélorussie les ont abandonnés à eux-mêmes. L’Occident les ignore.

Documentaire de 24 mn, en version française.

voir http://www.alerte-verte.com/

Wladimir TCHERTKOFF

Journaliste documentariste, est né en Serbie dans une famille de la vieille émigration russe. Ayant interrompu des études classiques à Paris, il s’est établi en Italie au début des années 60.

En 30 ans de collaboration, d’abord avec la RAI puis avec la Télévision de la Suisse italienne de Lugano, il a réalisé plus de 60 documentaires d’approfondissement, principalement sur des thèmes et des arguments sociaux, politiques, économiques, en s’intéressant à la description et à l’analyse des relations de pouvoir.

Première réalisation, “La lancée de l’automne” (“La spinta dell’autunno”) : une reconstruction en 5 épisodes des évènements de l’ automne chaud italien de 69. Filmé et monté avec la technique du “cinéma vérité”, le programme a provoqué un incident politique avec la RAI contrôlée par la Démocratie chrétienne, qui a dû le transmettre sous la pression des syndicats, protagonistes de ces luttes sociales. Dans les mêmes mois, Tchertkoff a réalisé avec la même technique “Le ministre et les ouvriers” (“Il ministro e gli operai”), une chronique de la rencontre de Donat Cattin, ministre du Travail, avec les ouvriers de la Fiat-Mirafiori de Turin. “Le grand intérêt de ce documentaire, écrivit Morandini dans Il Giorno , consiste dans la manière avec laquelle il a été réalisé. Tchertkoff a su communiquer, comme dirait Richard Leacock, “le sentiment d’être là”, en respectant le ministre et les ouvriers, en saisissant les aspects significatifs de l’événement, sans le contrôler”.

Par la suite, la RAI a détruit l’ensemble du matériel filmé, environ 100.000 mètres de pellicule sonorisée, bien que des enseignants universitaires et quatre instituts de recherche l’aient demandé. Le professeur Gino Giugni, qui avait collaboré pendant l’ automne avec Donat Cattin, écrivit : “La nouvelle de la destruction du matériel filmé de l’automne chaud par la Rai-tv a produit sur moi le même effet que si j’avais appris qu’un incendie criminel avait détruit un secteur entier des Archives d’État”.

En 1974, “Mort au travail” (“Morte sul lavoro”) a reçu le premier prix du Festival des courts métrages de Moscou.

Avec l’arrivée de la perestroïka , connaissant la langue russe, Tchertkoff a travaillé une douzaine de fois dans les territoires de l’ex Union Soviétique : en Russie, Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan. Depuis 1990 il va régulièrement dans les territoires contaminés de Tchernobyl, où il a réalisé 5 documentaires.

  • “Nous de Tchernobyl” – 54′ min – TSI 1991
  • “Le piège atomique” – 47′ min. – TSI 1999
  • “Youri et Galina Bandajevsky” – 30′ min. – Feldat Film 2000
  • “Le sacrifice” – 24′ min. – Feldat Film 2003
  • “Controverses Nucléaires” – 50′ min. – Feldat Film 2004

En avril 2006 il a publié aux éditions Actes Sud “Le crime de Tchernobyl. Le goulag nucléaire” . Cet ouvrage de 700 pages est considéré comme la meilleure présentation des faits et souffrances des habitants sur la base de témoignages enregistrés et filmés au cours des années. Il est également secrétaire de l’association « Les Enfants de Tchernobyl Bélarus »

Interview de W. Tchertkoff par Thibaut Pinsard du journal L’Yonne Républicaine (18-11-2004)

Votre film “Le sacrifice” évoque les “liquidateurs”. Qui étaient-ils ?

C’était les jeunes recrues de l’Armée Rouge appelées pour intervenir sur la catastrophe de Tchernobyl, d’abord pour éteindre l’incendie, puis pour recouvrir les ruines avec le sarcophage, dans des conditions de radioactivité extrême. On ne connaît pas leur nombre exact, secret d’État. Mais selon moi, ils étaient 1 000 000 de liquidateurs, chiffre vraisemblable.

Que ce serait-il passé si ces hommes n’étaient pas intervenus ?

Les scientifiques soviétiques ont fait des calculs disant que si on n’éteignait pas l’incendie vers le 8 mai, il y avait le risque que s’enclenche une réaction en chaîne puis une explosion nucléaire. Ils l’ont éteint à temps, mais avec des coûts humains considérables. Je crois que si une chose pareille se produisait dans un pays d’Occident, il y aurait de gros problèmes pour y envoyer des gens et intervenir efficacement. Là-bas, le système soviétique a permis de le faire avec, comme en temps de guerre, un appel au front.

Sur le million de liquidateurs, combien sont déjà morts ?

Il est question d’une centaine de milliers d’invalides au moins et de dizaines de milliers de morts.

Vous présentez aussi le film “Controverses nucléaires”.

Il a été filmé en 2001, à Kiev, lors d’une conférence internationale faite sous l’égide de l’OMS, avec la participation des représentants et experts de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA). L’ONU a une dizaine d’agences spécialisées, dont l’OMS et l’AIEA, qui promeut le nucléaire civil. Il est ressorti que l’OMS a clairement été empêchée de faire son travail sur Tchernobyl, du fait de conflits d’intérêts avec l’AIEA. “Controverses nucléaires” explique de quelle manière toute information est bâillonnée par l’agence internationale et par le lobby nucléaire, lequel achète presque toute la communauté scientifique.

Avez-vous déjà fait l’objet de pressions du fait de vos films ?

Aucune jusqu’à présent. Il y a des espaces pour que la presse et les médias fassent leur boulot. Bien sûr, sous Staline cela aurait été impossible. Il faut se révolter contre le mensonge qui nous est fait et être solidaires des deux millions de paysans qui ne sont informés de rien, qui vivent dans des territoires contaminés, qui mangent quotidiennement de la radioactivité. Il y a là-bas 500 000 enfants qui naissent mal, croissent mal et meurent prématurément.

La catastrophe continue ?

Non, elle ne fait que commencer ! Des recherches génétiques ont été faites par des chercheurs sur des rongeurs, du fait de leur cycle de reproduction rapide. On a observé que les anomalies et les malformations se compliquent et s’aggravent de génération en génération. C’est l’héritage que nous laissons à nos descendants.

Un nouveau Tchernobyl pourrait-il se produire ?

Cela, l’AIEA ne l’exclut pas elle-même.

Un tel accident pourrait-il se produire en France ?

Il faut se pencher sur le fonctionnement de l’industrie en Occident, de plus en plus une industrie de marché. La sécurité ne prime pas dans une économie où l’objectif principal est le gain. En Angleterre, depuis qu’on a privatisé les chemins de fer, les trains déraillent. Le nucléaire civil est la seule industrie au monde qui n’est pas assurée. Cela peut arriver n’importe où. Et ne parlons pas de l’excellente cible que les centrales nucléaires constituent pour les terroristes.

En complément de vos films, vous effectuez une action de terrain. C’est important pour vous ?

La société civile française s’intéresse beaucoup à la question nucléaire, d’autant que la France est, je crois, le pays le plus nucléarisé par habitant. On repense au gag du nuage de Tchernobyl qui s’est arrêté à la frontière et aux mensonges de l’État français. A l’époque, tous les pays mitoyens recommandaient des mesures de précautions sur les végétaux qu’on consommait, sur les vaches qui devaient rester dans les étables, etc. Toutes ces mesures n’ont pas été prises en France. Dans ce cadre, je suis là pour soutenir le travail de sources d’information irremplaçables comme le Dr Bandajevski et l’académicien Nesterenko.

Laisser un commentaire