Le 11 janvier 2008, à 19h, au cinéma La Tomette, à Salernes, Vendredi c’est écologie présente “Le peuple migrateur” le film de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud (2001). Débat animé par l’écrivain naturaliste Christophe Bonnet.
Christophe Bonnet, qui a longtemps exercé le métier de vétérinaire à Boulouris, est maintenant installé comme guide naturaliste dans les Alpes-de-Haute-Provence. Président de l’UDVN 04 pendant une dizaine d’années, il représente France Nature Environnement dans ce département pour le dossier du loup et, au sein de l’association Infloralhp, il participe à l’inventaire de la flore avec le Conservatoire Botanique Alpin . Il est auteur de “La flore du Verdon” pour le Parc Naturel Régional du Verdon , et co-auteur aux éditions Dakota du guide “Balades Nature en Provence” et “Provence entre Terre et Mer” pour le conservatoire du Littoral.
“Provence Côte d’Azur entre terre et mer, 28 Balades sur les sites du Conservatoire du littoral” de Jean-Emmanuel Roché, Nicolas Crunchant, Christophe Bonnet, Sandra Lauret, Dakota Editions 2007.
A la découverte de 28 sites de Provence-Côte d’Azur, parmi les plus beaux du Conservatoire du littoral. Des horizons sans fin de la Camargue jusqu’à la côte dentelée de la Riviera, le littoral de Provence-Côte d’Azur est probablement le plus contrasté de France. Les vastes zones humides convoitées par les oiseaux migrateurs s’opposent aux falaises vertigineuses des Calanques. Le maquis grillé par le soleil fait oublier le clapotis des marais. A la blancheur de la chaîne de l’Estaque répond la teinte rouillée de l’Estérel. Avec en trait d’union la Méditerranée, vêtue de jade ou enveloppée d’un bleu profond. Les plus beaux paysages. Tous les sites ont été choisis pour la beauté de leurs paysages, mais aussi pour la richesse de leur faune, de leur flore ou de leur histoire. Les plus belles balades. La présentation de chacun des 28 sites est complétée par un itinéraire vous invitant à explorer les lieux. Cartes IGN, photos, dessins, indications pratiques sont autant d’éléments facilitant vos découvertes littorales.
“Balades nature en Provence”, Dakota Editions, 2005
La Provence comme vous ne l’avez jamais vue ! Du Parc de Camargue à celui de Port-Cros, en passant par ceux du Verdon et du Luberon, ce livre fleure la garrigue et le lavandin. Mont Ventoux, calanques de Marseille, Alpilles, Porquerolles, Sainte-Baume, cap Taillat… La faune et la flore sont aussi variées que ce vaste territoire le permet : flamants roses de Camargue, aigle de Bonnelli sur les falaises, orchidées…
Fins observateurs de la faune et de la flore par passion ou par profession, les auteurs de ce guide connaissent la région comme leur poche. Ils racontent la nature avec simplicité à travers 22 balades d’environ une demi-journée agrémentées d’anecdotes insolites, d’encadrés thématiques et de conseils pour l’observation des espèces.
Chaque balade s’accompagne d’informations pratiques très précises (temps de parcours, dénivelé, meilleures périodes d’observation…) et d’une carte détaillée. Un guide d’observation, illustré par Jean Chevallier, permet d’identifier les espèces rencontrées. Enfin, le carnet d’adresses donne tous les contacts pour faire des sorties nature avec un animateur et devenir un naturaliste en herbe !
“Flore du Verdon”, de Ch. Bonnet, L. Foucault, G. Rebuffel, D. Rombaut, F. Rozet
Avec ses sites exceptionnels et grandioses, le Parc naturel régional du Verdon voit aujourd’hui des visiteurs affluer du monde entier à la fois pour la qualité et la diversité de ses paysages et pour l’intérêt en matière de loisirs culturels. Parmi ces derniers, la découverte botanique, qui pourra bénéficier de ce guide accessible à tous. Après une présentation générale du parc, l’ouvrage décline ses sept différents secteurs géographiques et recense environ 200 espèces qui le peuplent, illustrées de quelques 300 photographies. Une balade botanique est proposée pour chaque secteur.
Ed. Edisud / Parc Naturel du Verdon.
Parc Naturel du Verdon, Maison du Parc, Domaine de Valx, 04360 Moustiers-Sainte-Marie, 04.92.74.68.00 <info@parcduverdon.fr>
- COBIONAT, Montée des Moulins, 83690 Salernes, 04 94 68 70 46 <cobionat@free.fr> et Bernard Blanc <berblanc@club-internet.fr>
- Le blog de la biocoop, développe ce programme, avec liens, bibliographies et interviews inédites.
- CINÉ 83 , 04 94 24 72 86
Le peuple migrateur
Durant trois ans, Jacques Perrin et son équipe ont suivi au plus près bernaches, grues, oies et autres flamands pendant leur migration. Au printemps, dans l’hémisphère nord, les oiseaux migrateurs s’envolent vers les terres arctiques où ils sont nés et où ils peuvent se reproduire. À la fin de l’été arctique, les parents et les oisillons reprennent leur envol, direction les tropiques, pour la migration d’automne. Volant sans relâche, parfois nuit et jour, ces animaux effectuent des voyages de plusieurs milliers de kilomètres, parsemés de dangers. Ils franchissent les plus hautes montagnes, affrontent les grands froids comme les chaleurs du désert. Pour aller d’un point à un autre, ils utilisent les repères astronomiques, guidés par l’instinct de survie. Car la migration est avant tout une promesse. Celle du retour.
Pour survivre, les oiseaux migrateurs accomplissent des milliers de kilomètres. Le spectateur est ainsi invité à suivre différentes espèces qui, tout au long de leur migration, survolent forêts, villes, océans, étendues glaciaires et déserts, affrontent les tempêtes, le chaud, le froid ainsi que les viandards, les marées noires et les pollutions industrielles tout en faisant face à d’autres dangers quotidiens : moissonneuses-batteuses, troupeaux de chevaux, avalanches, pièges tendus par l’homme. Quatre itinéraires sont ainsi privilégiés : les oiseaux d’Amérique du Nord se dirigeant vers le sud du continent, ceux d’Europe et d’Asie en route pour l’Afrique, les oiseaux d’Asie allant vers l’Inde, contournant le massif himalayen par l’ouest ou l’est et enfin les oiseaux d’Asie qui vont vers le sud-est asiatique jusqu’à l’Australie et l’Océanie.
Extrait du dossier de presse
Il était une fois…. L’histoire des oiseaux migrateurs est celle d’une promesse… La promesse du retour. S’ils accomplissent des voyages, souvent de plusieurs milliers de kilomètres, parsemés de dangers, s’ils franchissent les plus hautes montagnes, les étendues océanes, les déserts brûlants, s’ils affrontent les intempéries, c’est pour répondre à une même nécessité : survivre.
Leur migration est un combat pour la vie.
Au printemps dans l’hémisphère nord, ils s’envolent vers les terres arctiques, sur les lieux mêmes où ils sont nés. Mystérieuse loi de la nature, ce n’est que dans ces vastes espaces qu’ils se reproduiront. Certains volent sans relâche, nuit et jour. Pour d’autres, étape après étape, c’est au bout de l’effort qu’ils atteindront leur lointaine destination, leur terre promise.
Pour leur navigation d’une latitude à l’autre, ils utilisent les repères astronomiques : le soleil et les étoiles. Ils sont aussi sensibles au champ magnétique terrestre que l’aiguille d’une boussole.
Venant de tous les continents, les oiseaux migrateurs atteignent les terres arctiques et se dispersent. Contrées inhospitalières pour l’homme, elles sont leur terre d’abondance. Bientôt naissent les poussins qui doivent rapidement apprendre à voler et se préparer pour la grande épreuve, leur première migration.
L’été arctique sera bref. Les vastes étendues vont être bientôt saisies par le froid et plongées dans la nuit polaire. C’est l’époque des grands départs de la migration d’automne. Les jeunes ont eu à peine le temps de s’émanciper que, déjà, ils doivent – eux aussi – et parfois sans leurs parents, s’élancer sur d’invisibles chemins, sur la route des tropiques. Par quel mystère parviennent-ils à un endroit précis, distant de plusieurs milliers de kilomètres sans avoir jamais en avoir repéré le parcours ?
Dans l’hémisphère sud, les saisons s’inversent. D’autres espèces sillonnent le ciel. Aucun continent ne freine la houle des mers australes. Les îles battues par les vents sont le refuge des oiseaux de mer pour leurs nidifications. Certains ne se posent à terre qu’après plusieurs années de rondes répétées autour de l’Antarctique. Si l’albatros glisse au-dessus des flots déchaînés, les manchots, oiseaux incapables de voler, traversent à la nage des distances considérables. La sterne arctique effectue la plus longue des migrations : 36 000 kms.
Dans l’hémisphère nord, un nouveau printemps est annoncé par les oiseaux migrateurs. Les mêmes chemins célestes sont à nouveau empruntés, malgré les obstacles, la promesse du retour est tenue.
Les chemins empruntés par les oiseaux migrateurs existent depuis plusieurs milliers d’années. C’est parce que la vie devient momentanément impossible là où ils se reproduisent que les oiseaux partent chercher ailleurs de meilleures conditions d’existence. L’essentiel des migrations se déroule selon un axe nord-sud. L’automne approchant, les oiseaux vivant sous des climats tempérés ou nordiques migrent pour se rapprocher de latitudes plus clémentes, vers les tropiques et l’Equateur.
On définit quatre grands axes : Les oiseaux d’Amérique du Nord (oies des neiges, bernaches du Canada, grues du Canada, …) se déplacent vers le sud des USA, vers l’Amérique Centrale ou vers l’Amérique du Sud. Les oiseaux d’Europe et d’Asie (grues cendrées, cigognes blanches, hirondelles rustiques, courlis cendrés…) qui vont vers l’Afrique, traversent la Méditerranée ou la contournent par l’Espagne ou le Proche-Orient. Les oiseaux d’Asie (oies à tête barrée, grues de Sibérie…) qui vont vers l’Inde, contournent le massif himalayen par l’ouest ou l’est, ou bien franchissent directement les cols et sommets du Toit du Monde. Enfin, il y a des oiseaux d’Asie comme les bécasseaux maubèches qui vont vers le sud-est asiatique jusqu’à l’Australie et l’Océanie. Chaque migrateur va suivre l’un de ces quatre grands trajets en l’adaptant en fonction de ses contraintes, de ses capacités, de son histoire, et selon ses points de départ et d’arrivée. Par exemple, les cigognes européennes qui hivernent en Afrique ne peuvent traverser la Méditerranée, contrairement aux hirondelles, car elles utilisent des ascendances thermiques inexistantes au-dessus des mers. Elles sont donc contraintes de passer par l’Espagne ou la Turquie. Chaque espèce possède ainsi sa propre route migratoire qui suit plus ou moins fidèlement l’une des quatre voies transcontinentales principales et qui reflète son histoire naturelle particulière. Les quatre grandes voies de migration possèdent donc une multitude de carrefours, de déviations, de branches qui s’éloignent ou se rapprochent, autant qu’il y a de populations d’oiseaux migrateurs.
Stéphane Durand
Stéphane Durand fut conseiller scientifique de Jacques Perrin pour le film Le peuple migrateur. Il est l’auteur de “Peuple migrateur”, les contes publié aux Éditions du Seuil, et des “Ailes de la nature”, une série documentaire diffusée sur Canal +.
CRITIQUE
On les croise le plus souvent au détour d’un zapping hasardeux : piafs majestueux, volatiles curieux, ce sont les héros de la vie des bêtes. Mais ce n’est pas dans cette basse-cour du documentaire animalier que Jacques Perrin a trouvé l’inspiration. Son Peuple migrateur est guidé par une autre vision, plus lyrique : celle des poètes.
Jean Richepin, par exemple, qui semble parfois ici mis en image comme il avait été mis en musique par Brassens : « Regardez-les passer, eux, ce sont les sauvages, ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts et bois et mers et vents, et loin des esclavages. L’air qu’ils boivent ferait éclater vos poumons. » Ces oiseaux-là nous défient, et c’est ce qui a donné envie à Jacques Perrin de les filmer : ils sont un défi pour le cinéma. Comment se hisser jusqu’à eux, les suivre « par-dessus monts et bois et mers et vents » ? Au prix d’un effort colossal, le pari de la légèreté, de la liberté et de l’immensité est gagné : on ne fait pas que regarder passer les cigognes ou les albatros, on part avec eux.C’est épique, inédit, quasi miraculeux. Au-dessus des forêts, des villes, des étendues de glace ou de sable, la caméra plane avec ses compagnons de voyage.
Le film donne alors la sensation d’être même délesté de toute intention : il ne s’agit pas de cultiver le sensationnalisme documentaire (un spectacle à la Yann Arthus-Bertrand, la Terre vue des oiseaux en plein ciel), ni d’adopter un point de vue d’ornithologue, mais de se griser d’une autre vie, d’une autre idée de la vie, pas seulement sauvage. Le Peuple migrateur est en cela une invitation à rêver intensément, à la suite de Jacques Perrin, pour qui suivre les oiseaux est aussi toucher du doigt un nouvel horizon du cinéma. Mais il y a plus terre à terre dans cette entreprise qui affronte une difficulté majeure : donner une structure et un rythme à l’infiniment libre. Toutes sortes de solutions sont avancées, de la plus bébête (un gamin court après une oie qui s’envole… on le retrouve quand elle revient à la fin de sa migration, et du film) à la plus pédagogique (des noms d’oiseaux et des chiffres, le kilométrage des migrations s’affichent parfois à l’écran, parfois non, et le commentaire hésite, de même, entre s’affirmer et disparaître).
Il y a aussi les scansions thématiques un peu scolaires (la reproduction, la chasse…) et les petits scénarios qui, soudain, donnent au film une perfection trop trafiquée, comme l’histoire du perroquet qui s’échappe tout seul de sa cage-prison. La pire de toutes ces tentatives d’habillage reste la partition de Bruno Coulais, sorte de « world soupe » indigeste : voix bulgares, choeurs de communiants, rock et violons… Le couac absolu. Le film résiste pourtant à l’affadissement, car il a de bout en bout une formidable capacité à émerveiller.
Un seul regard finirait par s’épuiser, mais ils sont plusieurs à se relayer, Jacques Perrin, ses coréalisateurs et les chasseurs d’images qui ont travaillé en parallèle. C’est une sorte de marathon du ravissement, de l’étonnement, devant des oiseaux qui font de beaux athlètes et parfois aussi de très bons acteurs de comédie. Ainsi ces grues qui paradent, très pimbêches, sur un lac gelé du Japon, glissent et tombent à la renverse. Un moment de cinéma euphorisant comme un grand bol d’air.
Frédéric Strauss
Télérama, Samedi 15 décembre 2001
http://www.telerama.fr/cine/film.php?id=56975&onglet=critique
BIBLIOGRAPHIE
- Guide des oiseaux de Provence, Reynaud, Patrice, Sud Ouest, 2007
- Guide Peterson des oiseaux de France et d’Europe, Peterson, Roger-T, Delachaux Et Niestlé, 2006
- Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons, Lorenz, Konrad, J’ai Lu, 1974
- L’album des oiseaux d’Europe, Chavigny, Denis, Delachaux Et Niestlé, 1998
- Le nid, l’oeuf et l’oiseau, Burnie, David, Ed Gallimard, 1997
- Le printemps silencieux, Carson, Rachel, Livre de Poche, 1968
- Les oiseaux d’Europe, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, Collectif, Fernand Nathan, 2004
- L’histoire mystérieuse du nom des oiseaux, Walter, Henriette, Robert Laffont, 2007
- Oiseaux de France et d’Europe, Duquet, Marc, Ed Larousse, 2007
- Oiseaux des réserves naturelles de France, Reille, Antoine, Delachaux Et Niestlé, 2007
- Oiseaux, merveilleux oiseaux – Les dialogues du ciel et de la vie, Reeves, Hubert, Seuil, 1998